Grande Traversée du Mercantour

Etape 1 : Estenc - Saint-Dalmas-le-Selvage

Randonnée pédestre - Au départ de Estenc

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Etape 1 : Estenc / Saint-Dalmas-le-Selvage

Image en taille réelle, .JPG 531Ko (fenêtre modale)|Etape 1 : Estenc / Saint-Dalmas-le-Selvage© A.Turpaud-PNM

Niveau de difficulté

Randonnée sportive

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Carte de l'étape

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Consulter la légende de la carte

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Présentation de la randonnée

Point de départ de la Grande Traversée du Mercantour, Estenc, plus haut hameau du Haut Var (1 800 m) habité à l’année, constitue le dernier ilot de verdure avant les paysages arides des hautes cimes avoisinant les 3000 mètres d’altitude. Le tracé qui relie Estenc à Saint-Dalmas-le-Selvage est une liaison historique passant par le col de Gialorgues. Large et placide, s’il fait aujourd’hui l’objet d’une fréquentation essentiellement touristique, il a permis de tous temps une communication entre le Haut Var et la Haute Tinée.

Versant Haut Var règne dans le vallon de l’Estrop une farouche âpreté, exacerbée par les sommets environnants, guettant le moindre passage susceptible de troubler un monde inanimé : Roche Grande, Rocher du Pigeon, Tête de la Boulière, Pointe du Génépi …

A l’inverse versant Haute Tinée, les nombreux lacs de Gialorgues s’étagent entre 2 500 m et 2 300 m, se colorant par beau temps en bleu turquoise alors que dans leurs eaux transparentes se reflètent le profil tourmenté du majestueux Fort-Carra et de la Pointe Côte-de-l’Ane.

C’est face à l’imposant massif frontalier Vens-Ténibre-Rabuons, que l’on arrive au terme de la première étape au cœur du village de Saint-Dalmas-le-Selvage et son église, blottis au confluent des torrents de Sestrière et Gialorgues.

Itinéraire

Du parking supérieur (b.284), porte du Parc national du Mercantour, prendre le sentier à droite, puis rejoindre en contrebas une passerelle enjambant le torrent de Sanguinière (b.281).

Suivre le sentier à plat (ancien canal) et gagner sans difficultés le vallon de l’Estrop via les balises (282, 283). À la balise 283, prendre à gauche, traverser bientôt le vallon de l’Estrop et remonter grâce à un long lacet (b.275) le verrou du pas de l’Estrop.

Vers 2 100 m, on parvient à un premier replat sous les barres de Roche-Grande (sud) avant d’entrer dans le curieux cirque de l’Entonnoir, dépression où s’engloutit la cascade de l’Estrop.

Un petit raidillon mène à l’immense faux-plat de l’Estrop ou s’abrite une cabane d’alpage située au pied de la Pointe du Génépi. De loin en loin, d’imposants cairns donnent l’axe de la progression, très aisée jusqu’au col de Gialorgues (2 519 m - b.279), passage caractéristique entre Var et Tinée avec sa série de casemates militaires désaffectées situées à main gauche (abri possible).

Du col, on découvre sur le versant opposé un vaste panorama sur la Haute Tinée avec en point de mire, dans le lointain, la face sud du Mont Viso (3 841 m). Plus près, l’ample vallon de Gialorgues déroule ses alpages entre la cime caillouteuse de Bollofré à droite (est) et le Fort Carra à gauche.

Descendre dans l’ample vallon de Gialorgues, un sentier d’alpage permet de rejoindre agréablement un large replat où sont juchés le refuge CAF de Gialorgues (non gardé) (2 280 m - b.73a) ainsi que la cabane pastorale à proximité.

Continuer en direction du nord, le tracé passe non loin des Sagnes de Gialorgues, où coule un ruisseau bordé de Linaigrettes le moment venu. Atteindre par le sentier les premiers mélèzes et par quelques lacets, rejoindre une piste en terre (parking de Valloar) (1 950 m - b.73).

Prendre à gauche, traverser à gué le torrent de Valloar puis suivre à droite le tracé de la piste qui descend en rive gauche du torrent de Gialorgues (environ 6 km). Atteindre via les balises 72 et 66, le village de Saint-Dalmas-le-Selvage (1 500 m - b.67).

Accès routier

117 km de Nice (aéroport)

Remonter la vallée du Var par la RM6202, puis la RD6202 jusqu’à Entrevaux. Peu après, au lieu-dit « Pont de Gueydan » prendre à droite la route du col de la Cayolle (RD 2202) pour gagner Guillaumes. Toujours en remontant la vallée du Var, atteindre Entraunes, puis Estenc. Continuer en direction du col et rejoindre le parking supérieur et la porte du Parc National du Mercantour.

Consignes de sécurité

Avant de partir en randonnée, prenez connaissance des consignes de sécurité.

Affichez les consignes de sécurité

La Grande Traversée du Mercantour peut être considéré comme un parcours de grande randonnée à l’image du célèbre GR 20 en Corse, ou du Tour du Mont-Blanc dans les Alpes du Nord. Avant de s’engager il est important de préparer son parcours et de s’entraîner pour apprécier le cumul journalier du temps de marche, la dénivelée, la longueur d’étape et l’alternance de différents supports. 

Une pratique en sécurité

Tout randonneur, aguerri ou débutant qui décide de s’engager, ou d’encadrer un groupe sur un itinéraire, est inévitablement responsable et doit respecter un ensemble de précautions d’usage et des consignes de sécurité.

Préparer sa traversée

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  • analyser les caractéristiques techniques et les recommandations données dans le guide ;
  • adapter le choix du parcours en fonction des conditions climatiques ;
  • essayer de partir à deux ou en groupe, jamais seul ;
  • signaler son parcours et l’heure approximative d’arrivée ;
  • prévoir un matériel d’orientation et de sécurité complet ;
  • s’assurer de la condition physique, du niveau technique des participants et de l’homogénéité du groupe ;
  • vérifier son sac et n’emporter que des vêtements fiables, de bonne qualité, permettant d’affronter des conditions difficiles ;
  • emporter la carte TOP 25 correspondant au parcours choisi, et éventuellement un G.P.S, où une boussole si le maniement est maîtrisé.

Analyser l’itinéraire

  • s’informer sur les terrains traversés, milieux et espaces (névés persistants…), la nature du support (sentier…) et les obstacles à franchir ;
  • analyser les caractéristiques, regarder sur la carte IGN au 1/25000ème , l’importance de la distance à parcourir dans la journée, la comparer avec celle déjà parcourue ;
  • évaluer l’effort, la technicité des passages et le risque (glissades…) ;
  • prendre en compte l’altitude et l’exposition ; plusieurs étages de végétation se superposent dans lesquels des phénomènes ponctuels et localisés peuvent être observés au cours de la randonnée ;
  • imaginer sur les cartes différentes solutions de repli et des échappatoires permettant de rejoindre la vallée la plus proche en cas d’évènements fortuits ;
  • respecter la réglementation spécifique en adoptant des comportements respectueux dans la traversée des espaces protégés (Parc national du Mercantour et Parco Alpi-Marittime).

 

Consulter les conditions météorologiques

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Avant tout départ en randonnée, il est indispensable de s’informer sur les conditions météorologiques en appelant le répondeur départemental (Météo montagne 0.899.710.206). Il est conseillé de prendre plusieurs fois les renseignements dans les jours qui précèdent le début du départ afin de suivre l’évolution des prévisions. Dans tous les cas il est impératif :

  • de tenir compte des éventuelles alertes qui peuvent, même en été, se révéler particulièrement soutenues et localisées sur certains secteurs ;
  • d’emporter l’équipement nécessaire à ces altitudes pour supporter de grosses amplitudes journalières des températures ;
  • de ne pas hésiter à annuler une étape, ou prévoir une adaptation du parcours en redescendant plus bas dans la vallée lorsque cela est possible.

Un vent violent, un orage, une pluie soutenue, un coup de froid ou une canicule sur la partie basse de l’itinéraire peuvent compliquer l’évolution du groupe et devenir rapidement critique en terme de sécurité.

Différentes dégradations météorologiques peuvent se produire en montagne. Deux d’entre elles sont particulièrement fréquentes l’été.

L’orage

L’été, en fin d’après-midi, se développent des nuages caractéristiques (cumulonimbus) qui donnent des orages accompagnés de foudre, des chutes de grêle, et de fortes précipitations. Quelques conseils :

  • ne pas s’abriter sous les arbres, y compris isolé sous prétexte de se protéger de la pluie ;
  • éviter de marcher sur les crêtes et les terrains qui rendent vulnérables la silhouette du randonneur. Le principe de base est « ne pas dépasser » en favorisant un arrêt dans une dépression ou une cuvette potentiellement moins escarpée ;
  • éviter de porter sur soi tout objet métallique ;
  • éteindre téléphone portable et radio, sans chercher à utiliser ces appareils ;
  • garder les distances entre chaque participant ;
  • ne pas négliger les précautions à prendre en cédant à la précipitation et à la panique.

Attention !

Une perturbation orageuse peut souvent s’accompagner localement de précipitations abondantes qui favorisent sur les terrains secs des ruissellements importants. Dès lors, dans les passages en corniche, sous les couloirs et dans les pentes dominées par des masses rocheuses, le risque de chutes de pierres est toujours possible ; rester prudent dans la progression afin d’éviter de s’exposer inutilement et de s’engager dans un passage délicat.

Le brouillard

Les conditions du parcours et l’orientation peuvent se révéler délicates en cas d’absence de visibilité. Il est impératif de posséder une carte, une boussole et un altimètre pour repérer sa position et définir la marche à suivre.

Le groupe devra veiller au relief qui est souvent mal évalué ; en cas de doute sur un passage il est préférable de s’arrêter en lieu sûr, de se réchauffer et d’attendre si le bulletin météo l’a précisé la veille, que le brouillard se lève.

Attention !

Les appareils électroniques (type GPS) ne sont pas toujours efficaces dans les données notamment sur l’altitude et peuvent s’avérer défectueux dans la réception des satellites, et ainsi fausser le cheminement.

S’informer sur le niveau de pratique des randonneurs

Chaque randonneur doit connaître ses capacités physiques (état de santé et condition) et son aptitude (niveau technique) à marcher en montagne.

Une pratique régulière de la randonnée et une bonne hygiène de vie, participent à la réussite de la traversée, compte tenu du nombre important de jours à cumuler.

Organiser l’encadrement

Une randonnée, à la journée ou sur plusieurs jours se prépare, afin d’anticiper tout aléa et de suivre un ensemble de préconisations développées dans les paragraphes précédents.

Limiter le nombre de pratiquants dans le groupe afin de faciliter l’organisation et la mise en œuvre de la traversée (réservations…), la progression dans le milieu et le respect des horaires.

Pendant le parcours le randonneur ou la personne qui encadre le groupe devra :

  • partir suffisamment tôt et ne jamais laisser progresser une personne seule ni en surnombre ;
  • rester très vigilant dans la progression : rechercher un rythme régulier en adaptant les pauses de ravitaillement ;
  • s’adapter au terrain et à l’état des chemins et sentiers qui ne correspondent pas toujours aux informations et aux prévisions ;
  • rester en permanence à l’écoute de la montagne ;
  • se méfier des pentes exposées aux chutes de pierres, lorsqu’il s’agit de les traverser ou de passer en contrebas ;
  • modifier si besoin l’itinéraire prévu à l’origine ;
  • surveiller l’évolution du temps ;
  • tenir compte de la fatigue éventuelle de certains membres du groupe ;
  • savoir renoncer, faire demi-tour ou trouver une échappatoire en cas d’incident ou de doute ;
  • rester sur les chemins et sentiers balisés ; certaines traces existantes peuvent mener à une impasse ;
  • observer un espace suffisant entre les randonneurs dans le cas d’une traversée exposée ou, au contraire, resserrer les membres du groupe dans l’ascension d’un passage caillouteux et escarpé.

L’orientation

Savoir s’orienter et se repérer, constitue en montagne l’exigence première. Lire une carte au 1/25000ème, se diriger à la boussole, utiliser un altimètre doivent paraître des gestes aussi naturels et évidents que marcher. La complexité du relief du haut pays avec ses profondes vallées et ses versants escarpés y rendent l’orientation parfois malaisée, inconvénient que s’attache à pallier au mieux la signalétique départementale numérotée.

La cartographie

Illustration fidèle des itinéraires balisés et de la signalétique numérotée, la série TOP 25 échelle 1/25000e) coéditée par l’Institut Géographique National (IGN) et le Département constitue l’outil le plus performant pour évoluer dans le milieu montagnard. La précision de ces cartes (1 cm = 250 m sur le terrain), leur degré de renseignement et leur personnalisation rendent leur usage incontournable. Sept d’entre elles (Haute vallée du Var, Haute Tinée 1 et 2, vallées de la Vésubie, de la Roya, de la Bévéra et Nice-Menton) concernent la Grande Traversée des Alpes-Maritimes.

Attention !

La carte TOP 25 IGN de la vallée dans laquelle on se trouve, constitue le seul document fiable qui garantit un retour dans la vallée en cas de changement d’objectif ou de problème dans le groupe. Il conviendra de se munir de la version à jour de la carte, l’IGN procédant à une actualisation tous les 5 ans environ.

L’enneigement

Persistant en juin et même en juillet, selon les années, au-dessus de 2 500 mètres, il se matérialise surtout sous forme de névés comblant les hauts vallons orientés Nord ou Ouest. Une prudence particulière devra être observée durant la traversée des névés, car la neige durcie ne pardonne aucun faux-pas. Aussi, crampons, piolet voire un bout de corde pour poser une main courante sont utiles en début d’été.

La chasse

Activité ancestrale très prisée des autochtones, la chasse concerne essentiellement la saison automnale. On veillera à observer de la mi-août (sur le littoral) à décembre, les règles du plus élémentaire bon sens : revêtir des tenues voyantes, ne pas s’écarter des sentiers balisés que les chasseurs connaissent, se manifester de façon sonore au moindre doute… . Des panneaux provisoires apposés lors des battues (sanglier notamment) préviennent les randonneurs d’un danger particulier sur les itinéraires pédestres.

Les chenilles processionnaires

En cas de présence de nids ou de procession, désormais particulièrement persistants, éviter de cheminer sur les itinéraires infestés. Dans tous les cas, ne toucher ni les nids, ni les chenilles dont les soies peuvent être dangereuses et causer des problèmes sanitaires.

Pastoralisme

L’élevage pastoral pratiqué dans les Alpes- Maritimes est de type extensif : les troupeaux pâturent sur de grands espaces où ils exploitent la ressource herbacée naturelle. Les troupeaux sont déplacés régulièrement en fonction des saisons pour trouver l’herbe nécessaire à la nourriture des animaux puis laisser à la végétation le temps de repousser.

Les éleveurs sont, soit propriétaires, soit locataires, des espaces où leurs troupeaux pâturent et possèdent à ce titre des droits d’exploitation. Le pastoralisme constitue une activité traditionnelle et patrimoniale.

Il a une fonction sociale et économique importante en zone de montagne.

Les pratiques pastorales jouent également un rôle fondamental dans l’entretien des paysages ouverts, d’écosystèmes diversifiés et d’habitats d’espèces protégées et contribuent activement à la prévention des feux de forêt.

Chien de protection

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Pour protéger leurs troupeaux contre les attaques de prédateurs, les éleveurs et bergers sont amenés à utiliser des chiens de protection dont la fonction est d’écarter les dangers potentiels en dissuadant tout intrus de s’approcher du troupeau.

Lors de vos randonnées, vous pouvez être amené à rencontrer un troupeau accompagné d’un ou plusieurs chiens de protection.

  • Dans tous les cas : contournez largement le troupeau, quand cela est possible évitez de le traverser.
  • Face à un chien de protection : arrêtez-vous le temps qu’il vous identifie, restez calme, ne le menacez pas, ne le caressez pas.
  • Si la présence de votre chien de compagnie est autorisée sur l’espace que vous fréquentez, tenez-le en laisse. Dans tous les cas, ne prenez jamais votre chien dans les bras.

La montagne et les zones pastorales sont des espaces à partager entre différents utilisateurs. Merci de respecter la quiétude du troupeau et le travail des éleveurs et bergers.